Accueil Réseaux Sociaux Facebook L’importance de l’utilisation des plateformes sociales pour les entraîneurs sportifs !

L’importance de l’utilisation des plateformes sociales pour les entraîneurs sportifs !

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Alors que notre génération communique depuis déjà plusieurs années en ligne, nous nous penchons sur l’utilisation et la portée des réseaux sociaux pour les entraîneurs sportifs dans cet article. Nous avons eu la chance d’aborder deux entraîneurs dans le domaine des arts martiaux mixtes qui se sont tous les deux rendus jusqu’à de grandes organisations comme le UFC: Sandro Ferr, coach de Dutch Kickboxing au Tristar Gym et Lévis Labrie, entraîneur en chef au VMMA à Kahnawake.

Être son propre produit !

Avant la pandémie, il arrivait parfois à Sandro d’offrir des séminaires dans différents gyms d’arts martiaux au courant de l’année, en allant même en dehors de la province. Afin de vendre ses séminaires, la promotion se faisait surtout par le bouche-à-oreille, mais aussi parce qu’il est bien connu dans la communauté. Bien sûr, la promotion en ligne a pu maximiser la rentabilité de ses événements avec les nombreux partages pour atteindre une plus grande audience, et dû aussi à sa notoriété. Ayant été entouré par plusieurs grands noms dans le monde des combats, il a pu offrir une expérience unique à ceux qui sont venus assister [à ses séminaires] dans le passé. En ligne, on peut donc y comprendre que les entraîneurs, tout comme leurs athlètes, sont leur propre produit – ils doivent promouvoir leur image et l’expérience qu’ils apportent à leur clientèle, ou dans le cas d’un athlète, un commanditaire ou une organisation/promotion.

Crédit photo: Supersaiyanmagicalgirl. Vitor Belfort en préparation en vue du UFC 212 – Mai 2017.

L’influence des médias sur les athlètes

Après une victoire, il est arrivé plusieurs fois à Lévis que ses élèves visaient la ceinture en vue d’une prochaine compétition. « Ça ne presse pas. J’essaie de faire comprendre à mon équipe le côté expérience qui ne s’achète pas. On se développe et on fait des combats pour acquérir de l’expérience. Lorsque tu as une ceinture, tu deviens une cible. Tout le monde veut se battre contre toi. » Il pointe également le fait qu’il est facile de nos jours de devenir une vedette en ascension très rapidement avec la portée de Facebook et d’Instagram. « Il faut que le combattant fasse son cheminement avant et gagne de l’expérience. Ensuite, il peut se faire un peu plus voir. Il ne faut pas vouloir aller plus vite que la nature des choses et c’est facile de se laisser emporter quand on voit les prodiges du UFC, ou d’autres grandes organisations en ligne. »

Il peut être facile pour un athlète amateur de vouloir aller plus vite que son cheminement avec la fausse représentation du sport qu’on voit en ligne. « Ce qu’on voit en ligne ce n’est pas toujours vrai. Au niveau que nous pratiquons ce sport, on ne peut pas jouer avec une technique, ou avec nos compétences. Les décisions qu’on prend vont impacter le résultat de notre cerveau dans 10 ans. » Le travail d’un entraîneur comprend d’avoir une structure d’entraînement solide pour s’assurer que ses élèves aient une vie après leur carrière sportive. En ligne, les gens ne voient pas ce côté de la médaille et n’y voient que la glorification des athlètes, leurs victoires ou défaites, ce qui peut être aberrant pour certaines personnes qui ne connaissent pas le milieu.

Reconnaissance des athlètes en ligne: une forme de promotion valorisée

Lévis croit que la popularité croissante de son équipe et du gym est dû à sa présence dans d’autres gyms à Montréal, mais aussi dû à l’attention qu’il porte à ses élèves, ce qui a donné de l’exposition [au gym à Kahnawake]. « Quand je fais une publication, ce n’est pas pour faire de la publicité en tant que tel pour le gym, mais plutôt pour ‘lancer des fleurs’ à mes combattants. Dans ce sport, il n’y a pas vraiment de journalistes qui vont s’intéresser aux combattants amateurs. » Sandro soulève également que lorsqu’il met du contenu en ligne à propos de l’un de ses élèves, c’est plutôt pour inciter les gens à le suivre et susciter de l’intérêt pour celui-ci. 

Crédit photo: Lévis Labrie – Gym VMMA à Kahnawake – Février 2020.

D’autre part, Lévis soulève qu’à ses débuts en tant que coach, il s’est fait conseiller par ses élèves d’utiliser la portée des réseaux sociaux pour promouvoir son image. L’idée de se vendre en ligne n’était pas quelque chose avec laquelle il était nécessairement à l’aise. « Par contre, j’étais conscient que c’était la meilleure forme de publicité. Quand je m’entrainais à l’époque il y a 20 ans, la pub de mon gym se résumait à la distribution de pamphlets et à faire du porte-à-porte. Aujourd’hui, tu peux rejoindre plusieurs personnes avec seulement un clic. » Au lieu de vanter son équipe en ligne pour dire combien qu’ils sont « les meilleurs » ou encore comment son approche est « révolutionnaire » comparé à d’autres entraîneurs, Lévis s’est trouvé un pattern sur ses plateformes pour parler et faire découvrir les arts martiaux. Il y a un côté informatif à ce qu’il publie: « Je ne veux pas me servir de ces plateformes juste pour dire ‘qu’on est bons’. Le but c’est de faire découvrir le ‘mindset’ des combattants et des coachs. » En créant cette identité en ligne, il affirme que c’est de cette façon qu’il a pu aller chercher et rejoindre autant de personnes, en plus de donner plus d’exposition au sport. Pour ce faire, c’est notamment grâce à cette stratégie qu’il a pu entrer en contact avec son commanditaire Jukado

 

En 2017, Cédrick, conseiller marketing à l’agence, avait échangé avec 96.9 à La voix des guerriers sur l’utilisation des réseaux sociaux pour les athlètes. Ce qui est échangé s’applique également dans le contexte de cet article.

À éviter ‘online’ et les mauvaises cibles

Pour faire la promotion d’un combattant en ligne, Sandro souligne qu’en toute évidence, à l’approche d’une compétition, on veut éviter de dévoiler le gameplan. « Quand on travaille sur quelque chose de spécifique en vue d’un combat, ce n’est pas quelque chose que tu veux mettre en ligne, au risque que ton adversaire le voit. »

Par ailleurs, l’impact des réseaux sociaux peut autant être positif que négatif. En ligne, il est facile pour n’importe qui de trouver les entraîneurs dans ce sport avec un minimum de recherche. Il arrive donc que des gens entrent en contact avec lui, mais qu’au final ne font que perdre son temps (ce sont notamment des athlètes non sérieux ou pas entièrement dédiés à l’entraînement). Le public non-ciblé peut donc toujours se sentir interpellé, malgré les distinctions dans ses publications. Par contre, Sandro souligne qu’il doit bien écouter ce que ces personnes voudraient de lui (par exemple, qu’est-ce qu’il pourrait leur enseigner, ou sur quoi ils pourraient travailler ensemble). C’est pourquoi il adapte ses connaissances à ce que l’élève recherche. « J’écoute toujours ce que l’élève veut apprendre. Par la suite, le devoir de l’élève est d’être discipliné. Il doit suivre son horaire d’entraînement, suivre les procédures et étudier les champions. » Pour ce faire, il lui arrive de partager des vidéos YouTube avec ses élèves et prend en note des techniques qui s’appliqueraient pour chacun de ses étudiants.

De son côté, Lévis questionne la technique de certains entraîneurs ou d’élèves par rapport à leur contenu mis en ligne. « On a tous des standards différents, mais des fois je vois quelque chose et je pense que sa technique devrait être faite autrement. Quand on met quelque chose en ligne, c’est ce que les gens voient et enregistrent de toi. » Il est facile de s’inspirer de d’autres personnes et modèles en ligne, c’est pourquoi il peut être facile de s’y perdre et de prendre trop d’information de différentes personnes. « Il faut choisir les bonnes personnes pour s’inspirer. »

Crédit photo: Sébastien Furtado.

Le côté humain et la transparence mis de l’avant

Au final, pour Sandro, la facette qu’il partage sur ses plateformes sociales est son côté humain. « En tant que coach, et ça s’applique aussi aux combattants, le mieux que vous pouvez faire en ligne c’est de montrer que vous êtes honnête. Mettez votre égo de côté, posez des questions et n’ayez pas peur de la critique. » Il donne un conseil pour les futurs coachs : « N’oubliez pas que le combattant est avant tout un être humain. Il peut être en train de passer une mauvaise phase de sa vie et on doit le comprendre s’il fait face à un manque d’intérêt à un certain moment de sa carrière. On est là pour le soutenir. » 

Pareillement, Lévis dit qu’il faut rester soi-même et être intègre. Lorsqu’il fait ses publications en ligne, ce n’est pas pour se glorifier lui-même, mais plutôt pour mettre ses élèves en valeur au compte-goutte. C’est plutôt pour partager leur côté psychologique avant une compétition et partager sa philosophie avec les autres. De plus, en étant vrai à lui-même, il ne prétend pas avoir la science parfaite, mais il peut au moins montrer son cheminement, s’étant rendu lui-même à des niveaux très hauts comme au UFC et d’autres grandes promotions.

Le meilleur moment pour être présent en ligne

Avec la nouvelle fermeture des gyms jusqu’à la fin du mois d’octobre, Lévis souligne qu’au début du confinement, il lançait des défis à ses élèves en ligne pour qu’ils puissent améliorer certains aspects de leurs techniques. « Certains de mes élèves m’ont envoyé des vidéos d’eux-mêmes en train de pratiquer ces techniques. » D’autant plus, c’était une bonne période pour améliorer certains aspects et de les garder motivés. Encore une fois, ce sera une période marquée par du partage de contenu vidéo de la part des entraîneurs et des élèves pour partager leur entraînement.

Restez à l’affût des séances d’entraînement en ligne !