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L’enjeu du numérique pour les fédérations sportives canadiennes !

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Martin Goulet - Directeur général - Fédération Waterpolo Canada

À l’heure d’aujourd’hui, l’ère du numérique a bouleversé de nombreuses organisations sportives. Les fédérations sportives ne sont pas épargnées. De plus le schéma complexe des fédérations nationales et provinciales au Canada engendre son lot de problématiques. Nous avons souhaité en savoir davantage avec Martin Goulet, directeur général à la Fédération Canadienne de Waterpolo (Waterpolo Canada).

1. Pouvez-vous présenter votre parcours dans le sport et votre mission aujourd’hui ?

Martin Goulet : J’agis comme directeur général à la Fédération Canadienne de Waterpolo. J’y suis depuis novembre 2013, car auparavant j’étais à l’athlétisme, où j’y ai passé une énorme partie de ma carrière.

J’ai commencé entraîneur en 1985 et j’ai eu l’occasion de participer à 7 Jeux Olympiques. Les deux dernières fois c’était en tant que directeur du programme.

Le waterpolo est vraiment différent de l’athlétisme, c’est un sport collectif d’une part, mais c’est également un sport de niche. La promotion ne se fait donc pas de la même façon.

Les athlètes de waterpolo sont très complets !  On peut les comparer à des heptathlètes et décathlètes dans le monde aquatique.

2. Aujourd’hui quel est l’impact du numérique et des plates-formes sociales pour une fédération comme Waterpolo Canada ?

Martin Goulet : L’ère du numérique a changé beaucoup de choses. Il faut savoir que je fais partie de beaucoup de regroupements sportifs, dont le regroupement des sports collectifs canadiens (Il y a 21 fédérations canadiennes impliquées).

Si j’en parle, c’est parce que je veux pouvoir parler globalement. J’ai pu remarquer de grands changements au niveau du numérique, autant au niveau informationnel que communicationnel.

Évidemment, ça varie d’une fédération à une autre, car il y en a qui ont plus de moyen que d’autres. Waterpolo Canada est par exemple une fédération assez modeste comparativement au basketball ou à mes collèges du rugby.

C’est sûr que l’on peut déployer beaucoup plus quand on a les moyens, mais le trait commun pour chaque fédération, c’est que chacun d’entre nous est conscient de l’importance du web, et on se doit de faire des efforts en ce sens-là. Surtout au niveau des communications auprès des membres et des fans des provinces.

4. Les plates-formes numériques ont permis d’augmenter la valeur de la fédération auprès de partenaires, commanditaires, etc. ? Si oui, comment ?

Martin Goulet : La réponse est oui évidemment. Un élément important que l’on a identifié c’est d’augmenter l’audience. Ça paraît évident ! Mais une des difficultés que l’on a pour y arriver, c’est le travail et la collaboration avec les fédérations provinciales.

Et ça ce n’est pas un élément propre à Waterpolo Canada, mais à plusieurs collègues d’autres sports qui font face à la même problématique.

Les membres d’une fédération nationale sont essentiellement des membres des fédérations provinciales. Quand Pierre, Jean ou Jacques s’inscrit à un sport, il s’inscrit à sa fédération provinciale et est inscrit à sa fédération nationale.

Si je mentionne ça, c’est parce que la difficulté réside à communiquer avec les membres et les fans de ces fédérations provinciales sur les plates-formes numériques.

Pour que ça fonctionne il faut que les fédérations nationales et provinciales travaillent ensemble le plus possible pour avoir un effet multiplicateur.

C’est notre défi d’aujourd’hui, car chaque fédération provinciale communique comme elle veut sur les plates-formes sociales. Une fédération en Ontario va peut-être utiliser des outils différents qu’une fédération au Québec. Ce qui rend la tâche plus complexe dans les communications dans l’ensemble du pays.

Il faut que l’on puisse résoudre ce problème pour aller chercher plus de commanditaires.

5.Selon vous quels sont les trois éléments les plus importants que toutes organisations sportives devraient avoir en ligne ?

Martin Goulet : Dans un premier temps il faut s’assurer d’être présent en ligne, ce qui implique d’avoir une mise à jour régulière sur ses plates-formes.

Aussi il faut s’assurer de la qualité avec du nouveau contenu.

Certaines fédérations provinciales n’ont pas les ressources pour gérer plusieurs plates-formes, c’est probablement une sage décision que d’en garder 1 ou 2 seulement.

Il faut une complémentarité avec les plates-formes sociales utilisées et son site internet.

Et le dernier point important c’est de mettre en avant les athlètes. Il faut pouvoir raconter leur histoire à travers le web. C’est eux qui doivent être mis en avant. C’est d’eux dont on veut entendre parler, ainsi que leurs performances, leurs progressions, etc.

 

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6.Quelles sont les erreurs les plus fréquentes commises par les organisations sportives sur les médias sociaux ou sur le web en général ?

Martin Goulet : La FINA (Fédération internationale de natation) n’est pas la fédération la plus active sur les plates-formes sociales selon une étude de Nielsen. Et particulièrement en ce qui concerne le waterpolo.

Le problème d’effet multiplicateur avec les fédérations provinciales, s’applique également avec nous et la fédération Internationale. Et ça va dans les 2 sens.

Ce que je dis s’applique à plusieurs sports. Si on travaille davantage tous ensemble, on peut arriver à de très grands résultats.

7.Quels sont les futurs enjeux en ligne pour les fédérations Canadiennes (ou Waterpolo) ?

Martin Goulet : On a travaillé fort sur le point qui nous semblait primordiale. Depuis plus d’un an on tente de conscientiser les athlètes sur leurs rôles au sein de leur club, leur fédération. Indirectement, voire directement, ils sont l’image de ces organisations.

Depuis que notre responsable en communication a fait un suivi avec eux, ils font des efforts sur leurs propres comptes, même s’il reste toujours des améliorations à faire.

Il faut aussi s’assurer qu’ils contribuent au plan de communication de la fédération.

Un dernier mot pour les organisations sportives qui veulent tirer profit du numérique ? Quels conseils donneriez-vous ?

Martin Goulet : Mettre en place un plan pour palier à l’inconstance.

On sait que les organisations font souvent appel à des bénévoles pour communiquer en ligne, ce qui peut créer une véritable inconstance au niveau des communications.

Vous avez des questions à propos des stratégies numériques des organisations sportives ? Contactez Unikeo Sports.