Accueil Financement Crowdfunding Sportif 70 000$ grâce au Crowdfunding: les recettes des Citadins de l’UQAM

70 000$ grâce au Crowdfunding: les recettes des Citadins de l’UQAM

PARTAGER

Forts de leur succès avec plus de 70 000 $ récoltés sur leurs 6 campagnes de sociofinancement, les citadins de l’UQAM ont su s’approprier les outils du web 2.0, notamment les plates-formes crowdfunding et les réseaux sociaux. Sujet que nous avons approfondi en 3h15 de vidéo : Crowdfunding sportif : Comment financer votre projet sportif de A à Z ?). Intéressés par ce qui a fait leur succès, nous avons cherché à en savoir davantage. Ainsi, nous nous sommes entretenus avec Monsieur Igor Naev, directeur marketing de l’UQAM, qui nous a généreusement délivrer ses précieux conseils…

1. Pourriez-vous vous présenter ?

I. N. : J’ai débuté ma carrière dans l’entreprenariat en tenant des rôles en marketing et stratégie dans des startups de l’écosystème Montréalais. J’ai passé ensuite des années en consultation dans le secteur des TIs auprès de plusieurs comptes majeurs. Depuis les 5 dernières années j’ai les mains dans le marketing du sport, la commandite long-terme et le sociofinancement. J’occupe le poste de directeur marketing, commandite, alliances stratégiques au sports d’excellence de l’UQAM, je suis aussi consultant, conférencier et philanthrope. J’ai obtenu un diplôme collégial en TIs et informatique en étant qu’étudiant-athlète RSEQ – Soccer et plus tard un Bac en Marketing. Je termine actuellement un MBA pour cadres à l’ESG-UQAM. Quand j’ai une minute, je joue au hockey, je pratique l’haltérophilie et je lis sur les champs de la nutrigénomique, le microbiome et l’histoire.

Source: page des Citadins sur « Make a Champ »

2.Pourriez-vous nous parler succinctement de vos campagnes de Crowdfunding ?

I. N. : Dans le cadre de mon bac, j’ai suivi quelques cours de maitrise en marketing (Msc), dont un qui m’a permis de faire une revue de littérature sur le sociofinancement dans le milieu universitaire avec l’aide du professeur Raul Graf. C’était un sujet peu exploré à l’époque, autant dans la littérature académique que sur le terrain. En effet, aucune université Canadienne ne recourait au sociofinancement pour leurs sportifs et à peine quelques universités avaient des plateformes whitelabel pour leurs communautés. En 2014 j’ai obtenu un feu vert pour un projet-pilote au sein de l’UQAM. Avec l’aide des collègues et en collaboration avec une plateforme d’une startup montréalaise (Makeachamp), j’ai lancé la première campagne de sociofinancement dans le sports universitaire au Canada. Celle-ci s’est avérée un franc succès et a permis de lever de 15 000$ soit 155% de l’objectif initial. D’autres programmes de sports d’excellence Québécois nous ont imités par la suite avec des succès relatifs. Depuis 2014 nos campagnes nous ont rapporté près de 100 000$. 80% de nos campagnes ont dépassés nos espérances en termes de revenu.

3.Comment expliqueriez-vous votre succès lors de vos campagnes Crowdfunding en quelques mots ?

I. N. : Le succès des campagnes est redevable à plusieurs facteurs connus et inconnus. Professeur Manon Arcand de l’ESG-UQAM mène actuellement des recherches pour tenter d’identifier les motivations des donateurs en ligne, je répondrais mieux à votre question après qu’elle publie ! Un des éléments qui semble ressortir est que les gens aiment donner à une cause qui est plus grande qu’eux-mêmes (aspects de cause noble, immortalité, etc.). Dans notre cas on s’est assuré – avant d’identifier le thème de la campagne, d’avoir des discussions 360 degrés (coachs, athlètes, services des coms, etc.)  afin d’identifier des objectifs de campagnes nobles avec des causes fédératrices. Un bel exemple est la campagne des Hiboux de Montréal donc l’objectif était de réunir la somme nécessaire à la création d’une rondelle sonore intelligente par les chercheurs de l’UQAM afin d’aider les sportifs handicapés visuels. Deuxièmement, il y a la notion de storytelling en marketing qui à mon sens joue un rôle substantiel dans la réussite ou l’échec des campagnes. Environ 70% des campagnes de sociofinancement n’atteignent pas leurs objectifs et une des raisons est la compétition féroce pour chaque dollar, il faut être capable de se démarquer, convaincre un donateur et ultimement pouvoir répondre « pourquoi moi ? ». Nous avons misé sur le storytelling à l’aide de vidéos, images et contenus de qualité tout au long des campagnes avec une forte attention au détail. Enfin, il faut que les actions de communication soient claires et les rôles définis dans le temps. Nous utilisons de simples matrices Excel avec des échéanciers et des responsables attitrés à divers items. Les athlètes et les entraîneurs sont fortement impliqués dans cet aspect dès le jour 1.

Source: « Make a Champ »

4.Pourquoi le Crowdfunding et non pas une autre source de financement, notamment plus traditionnelle ?

I. N. : Deux raisons principales, une qualitative et une quantitative. En crowdfunding, une majeure partie du travail de communication-marketing se fait en ligne et cette portée confère des bénéfices de notoriété non-négligeables autant pour les athlètes que pour les entraîneurs, le sport lui-même et les programmes de sports d’excellence. Par ailleurs, la rentabilité du crowdfunding est plus élevée. Les coûts en crowdfunding sont environ 30% plus bas en comparaison avec des méthodes plus traditionnelles de levée de fonds. Ceci s’explique simplement par le fait que les coût fixes sont relativement bas (couts de la plateforme, frais paypal, …) et il n’existe pas ou peu de coûts variables pour chaque flux monétaire positif (versus des coûts marginaux traditionnels plus élevés pour imprimer un calendrier, vendre un chocolat, etc.).

5.Comment organisez-vous vos campagnes de Crowdfunding ? Quels sont les facteurs clés de succès ?

I. N. : Rassembler et impliquer tous les membres du projet autour d’un « on boarding meeting » : entraineurs, entraineurs adjoints, les gestionnaires, les athlètes. Planifier : qui fait quoi ? quand ? comment ? Au sein de l’UQAM nous utilisons basecamp ou des matrices de type GANTT. Personnaliser les actions de communication le plus possible sur les réseaux sociaux. Notamment en faisant des athlètes de l’UQAM des ambassadeurs du projet afin qu’il engagent le « premier cercle social » (famille et amis) ainsi que le second (les amis des amis). Enfin un gestionnaire de communautés ou autre personne qualifiée va lister les groupes d’intérêts associés à la cause puis tenter les rallier à celle-ci.

Souce: « Make a champ »

6.Quels sont vos critères de choix concernant les plates-formes ?

I. N. : Cette industrie est peu différenciée et les plateformes se ressemblent mais les trois éléments qui entrent en considération pour moi sont : l’origine de l’entreprise, le frais par camapgne et la qualité de l’interface. Mon choix c’est arrêté sur makeachamp car d’une part je crois important d’encourager des entreprises montréalaises. Par ailleurs ils ont un excellent produit « team boost » qui permet à chaque athlète de l’équipe d’avoir son propre profil, ce qui les implique davantage. (par souci de transparence, mon opinion peut être considérée comme biaisée car j’agis comme consultant-expert sur le conseil consultatif de Makeachamp)

7. Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à un débutant qui voudrait faire comme vous ?

I. N. : Environ 45% de dons en sociofinancement se font les 3 premiers et les 3 derniers jours de la campagne Crowdfunding. Donc il faut bien préparer, planifier ces moments décisifs pour la réussite du projet. Enfin, il y a aussi du « porte-à-porte » dans le Crowdfunding, c’est-à-dire qu’un maximum d’engagement et d’efforts sur les réseaux sociaux sont nécessaires de la part des ambassadeurs pour mener à bien le projet. La théorie de “build it and they will come” ne s’applique pas ici.

Pour en apprendre plus sur le crowdfunding :

Cliquez-ici pour en savoir plus sur cette formation >>

On voit donc l’importance de la préparation d’une campagne de crowdfunding pour les associations sportives, préparation qui va du choix de la plateforme à l’implication de tous les membres concernés par cette campagne ainsi que l’importance d’apprendre de ses erreurs. Cependant, le crowdfunding n’est pas la seule manière pour une organisation d’obtenir de l’aide pour ses projets : saviez vous qu’il est aussi possible d’obtenir 10 000$ de publicité gratuitement ? À lire ici!